samedi 29 mars 2014

L'échelle du narrateur 3 - storytelling et la vache Bessie


S.I. Hayakawa a expliqué cette notion avec une vache du nom de Bessie. 

Les enfants à la ferme pensent directement à leur vache Bessie, leur préférée, avec sa cloche autour du cou. Le fermier pense peut-être plutôt à ses vaches en général, son bétail, quand il les nourrit. Et s'il veut vendre sa ferme, avec Bessie et les autres vaches, il pense à son "patrimoine" et sa "richesse". Le chercheur pense à l'agronomie et le politicien à la politique agricole ...


En fonction du contexte, toutes ces différentes formes de penser "vache" sont correctes. Il ne s'agit pas de "vrai" ou "faux".

Pourquoi est-ce que je vous raconte tout cela ? Comment cela peut vous être utile ?

Réponse dans le prochain article ...

L'échelle du narrateur 2 - l'échelle d'abstraction de Hayakawa

Le concept de cette échelle de l'abstraction a été créé par le linguiste américain S. I. Hayakawa (publié dans  son livre "Language in Thought and Action" en 1941. 

Imaginez une échelle, comme celle sur l'image. 

Le haut de l'échelle de l'abstraction est pour les idées et les concepts :
- la démocratie
- la liberté
- la dépression
- le savoir
- la richesse ...

Au milieu de l'échelle se situent des choses, qui ne sont ni tout à fait concrètes, ni tout à fait abstraites :
- les institutions de recherche
- la musique classique
- la thérapie génique
- les nouveaux matériaux ...

Le bas de l'échelle représente des choses concrètes :
- le mousse au chocolat dans mon frigo
- le classeur sur mon bureau
- votre nouveau portable
- le tendon d'Achille qui vous fait mal ...


En fait, cette échelle est un continuum avec une multitude de barreaux.

L'échelle du narrateur 1 - un outil pratique pour le storytelling

Du nouveau dans la boite à Outils de CommScie !

Quand je vous dis "mousse au chocolat", "montagne", "échelle" ou "chat", la plupart entre nous voient instamment dans nos têtes les images des objets, qui correspondent à ces mots concrets


Pour des mots abstraits tels "philosophie", "concept", "expression" ou "storytelling", c'est une autre histoire. En général, cette sorte de mots n'évoque pas spontanément des images. Ou bien les images et les idées liées ne sont pas les mêmes pour tout le mode. Le mot philosphie peut évoquer des idées aussi diverses que "Platon", "le Taoïsme", "Immanuel Kant", "Jean Paul Satre", "matière au lycée" ou la sculpture du "penseur de Rodin". 
Pour certains parmi nous, ces mots abstraits n'évoquent aucune image du tout. En Allemand on dit : "ces mots peuvent entrer par une oreille et ressortir pas l'autre", sans laisser des traces sur leur passage...


En sciences nous sommes souvent confrontés à des thèmes abstraits, qui sont en plus exprimés par des concepts. 

Comment faire pour trouver des mots qui évoquent des images afin d'éveiller et surtout garder l'intérêt du public ?

Un outil qui peut vous servir est : l'échelle de l'abstraction. En fait,  j'aime bien l'appeler l'échelle du narrateur. 


Vous allez découvrir pourquoi ...

dimanche 23 mars 2014

Storytelling pour Journalistes

The Boyhood of Raleigh by Sir John Everett Millais
"Storytelling" est aujourd'hui un buzzword. On le rencontre au marketing, dans la communication, l'enseignement, la direction et la gestion d'entreprise et même en politique ... Pourtant, pour les journalistes, ce n'est rien de nouveau. Nous utilisons cette technique depuis les débuts du journalisme.

Personnellement, j'ai commencé à y réfléchir en 1995. A l'époque, jeune journaliste scientifique, j'ai eu la chance d'entrer comme "researcher" dans la rédaction de l'émission "Horizon" de la BBC à Londres. Le rédacteur en chef de l'émission était John Lynch et c'est grâce à lui que j'ai découvert le principe du "storytelling".

De quoi s'agit-il ?

Raconter des histoires. En lisant ces mot, vous pensez probablement aux contes de fées ou à quelqu'un qui invente des histoires. En Anglais, cela n'évoque pas les même associations.

Story et Storytelling sont des termes journalistiques. Ce n'est pas par hasard que le mot Anglais STORY veut dire en Français à la fois HISTOIRE, INTRIGUE et ARTICLE. Mais que veut dire ce mot Storytelling ? Pour moi, cela peut se résumer en quelques mots : attirer l'attention et garder cette attention.

Mais doucement. Où est le lien entre les histoires et la transmission d'informations ? Par l'expérience, les journalistes savent que la majorité de leur public veut du concret et que ce n'est qu'une minorité de leur public qui va suivre les explications abstraites. La majorité veut apprendre le nouveau en forme d'histoires.

Dans les cours "How to Write and Publish your Paper" et "Tell me your science", nous avons vu que même les publications scientifiques sont, en effet, des histoires. Elles ont un vrai début, un développent et une fin. Et toutes les publication scientifiques qui suivent la structure IMRaD -Introduction, Methods and Materials, Results and Discussion - racontent la même histoire :


Dans l'écriture journalistique, vous avez bien plus de liberté. Vous pouvez créer VOS histoires ! Il ne s'agit pas d'inventer des faits, mais de trouver une logique, un fil rouge que votre histoire va suivre. 

Storytelling aide à structurer le chaos de l'information. Le but est d'attirer l'attention du lecteur, de l'utilisateur, de l'auditeur, du spectateur - de diriger leur attention vers l'histoire et de la garder jusqu'à la fin. Si plus tard, le public arrive à se souvenir du message, si certains reprennent l'histoire pour la raconter à leur tour, dans ce cas l'auteur a réussi de créer une bonne histoire.

C'est peut-être la lesson la plus importante que j'ai retenu de mon court passage à la BBC. Et John Lynch donnait un excellent exemple. Il est un narrateur maître. Il est spécialiste du "factual tv". Il n'invente rien, il raconte des faits. Il a réalisé des documentaires exceptionnels sur des sujets difficiles : entre autres, Fermat's Last Theorem (BAFTA; Prix Italia), Molecules with Sunglasses (sur le C60) et il a produit la BBC série "Walking with dinosaurs".

Je me rappelle encore, comme il y a presque vingt ans, il m'a surpris, oui, presque choqué en insistant qu'il faut absolument trouver "l'histoire" à raconter dans le documentaire pour lequel je faisais les recherches. You spend your time researching the science, but you need to find the STORY!  Il m'expliquaient que le public ne regardait pas Horizon parce qu'ils voulaientt apprendre quelque chose sur les sciences, mais parce qu'ils savaient qu'en regardant un épisode de Horizon, ils vont entendre une bonne histoire. ça c'était l'important ! Le fait que ces histoires tournaient autour des sciences, c'était pour le public presque un hazard. Et John savait : si l'histoire était bien racontée et bien ficélée, le public ne se rendait même pas compte qu'il apprenait des faits scientifiques bien compliqués. C'est notre travail de journalistes scientifiques de nous plonger dans les donnés des publications scientifiques, de travailler pour les comprendre, les discuter avec les spécialistes sans jamais perdre de vue que notre objectif ultime est de les mettre en forme, c'est à dire faire passer les messages et les faits sous forme d'une histoire. C'est bien plus ludique et attrayante que le constat de faits et la présentation de donnés. Storytelling est l'infotainement, la combinaison entre "information" et "entertainment" - dans le bon sense du terme!

Comment faire ?

 En utilisant un langage, qui s'adresse à la fois à votre cerveau et à votre coeur. L'auteur qui utilise le Storytelling doit apprendre la grammaire de la logique et des émotions. C'est le challenge du storytelling. Le public suit l'histoire avec ses pensées et ses émotions !

Storytelling est une technique de base. Cela fonctionne de la même façon pour un article de presse écrite, une interview à la radio, un documentaire ou pour une forme interactive sur Internet.


Ne vous laissez pas impressionner par les "spin doctors" ou les nouveaux spécialistes de la communication : Storytelling n'est pas une invention moderne. C'est une vieille technique journalistique pour capter et garder l'attention ! C'est même, tout simplement une vieille technique humaine ! Dans toutes les civilisations et dans toutes les périodes historiques, les êtres humains ont raconté des histoires pour faire passer leur messages ... et c'est très efficace.

Sur CommScie, je vais continuer la série de la boite à outils pour la communication des sciences. Vous allez y rencontrer des stratégies de Aristote à Hitchock.

Il y a déjà un deux articles sur l'accroche dans lesquels il faut continuer à développer la liste des exemples ! Participez avec vos commentaires ! Puis servez-vous pour préparer vos articles et présentations !

Rendez-vous dans quelques jours pour un article sur un outil pratique en lien direct avec le storytelling : L'échelle du narrateur.

samedi 22 mars 2014

Pourquoi de nombreux oiseaux migrateurs volent-ils en V ?

Le printemps est arrivé. Regardez vers le ciel, peut-être vous verrez des canards, des oies ou des grues migrateurs volant en formation V.



Dans cette Nature Video vous verrez un projet de recherche assez incroyable : 

Steven Portugal du UK's Royal Veterinary College de Londres et ses collègues ont équipé 14 ibis chauves d'appareils GPS, de systèmes de mesure de la vitesse et de la direction. 

Très répandu durant le Moyen Age, aujourd'hui ces ibis chauves sont considérés en danger critique. En Europe, ils ont disparu il y a environ 300 ans. Mais des programmes de réintroduction existent en Espagne et en Autriche.

Ibises in flightAfin de mieux comprendre le vol des oiseaux migrateurs sans mettre en danger leur équipement couteux, les chercheurs britanniques ont travaillé avec les chercheurs autrichiens et leurs ibis chauves. Les chercheurs ont pu accompagner les oiseaux durant leur apprentisage de vol et finalement enregistrer des donnés pour chaque battement d’ailes pendant 43 minutes de vol en escadrille.

Le résultat ? Les oiseaux accordent leur positions et leurs battements d'ailes minutieusement à celui de leur prédécesseur afin de profiter au mieux des forces aérodynamiques, crées par l'oiseau juste devant eux dans le V. 

Belle explication en images !

Allez voir aussi cette vidéo de la BBC.

Pour plus d'info, lisez la publication scientifique ou allez voir directement le projet de recherche 
CARDyAL.
Publication
Portugal, S.J., Hubel, T.Y., Fritz, J., Heese, S., Trobe, D., Voelkl, B., Hailes, S., Wilson, A.M. & Usherwood, J.R. (2014). Upwash exploitation and downwash avoidance by flap phasing in ibis formation flight. 
Nature 505, 399-402. doi:10.1038/nature12939
Si la réintroduction des ibis vous intéresse, je vous recommande www.waldrapp.eu/waldrappteam/.

jeudi 20 mars 2014

Supports des cours "How to Write and Publish your Paper"

Vous êtes nombreux à me demander les supports du cours "How to Write and Publish your Paper". J'ai commencé à mettre les slides sur ce Blog CommScie. Petit à petit, tout sera rassemblé sous  Course Material dans la barre à la droite.
Revenez de temps en temps sur ce Blog pour trouver des informations actualisées, donner de vos nouvelles ou poser des questions.

Je rajouterai aussi les supports du cours "Tell me your Science!"

Bonne continuation dans vos vies de chercheurs et surtout avec la rédaction de vos publications scientifiques !

This blog is a possiblity to keep in touch, please use it! Gabriele

How to Write and Publish your Paper 1
How to Write and Publish your Paper 2
How to Write and Publish your Paper 3
How to Write and Publish your Paper 4
How to Write and Publish your Paper 5
How to Write and Publish your Paper 6

jeudi 13 mars 2014

Nouveau mini Tyrannosaure Rex découvert en Arctique

Le petit Tyrannosaure Rex de la vidéo YouTube est une reconstruction, un mini Tyrannosaure Rex découvert en Alascar. Cette découverte vient d'être publiée dans Plos One. Les auteurs, Anthony R. Fiorillo et Roland S. Tykoski du Department of Paleontology, Perot Museum of Nature and Science, Dallas, Texas, affirment qu'il ne s'agissait pas d'un jeune tyrannosaure, mais bien d'une nouvelle espèce miniature. Comparé avec le T Rex, qui mesure 12 mètres de long, le nouveau Nanuqsaurus semble presque "mignon" avec à peine 7 m de longueur. 
Ron Tykoski/Perot Museum of Nature and Science




A Diminutive New Tyrannosaur from the Top of the World







La fin des dinosaures, est-elle due à la matière noire ?

Comment les dinosaures ont-ils disparu ? La plupart des experts, tombent d'accord que c'était très probablement suite à une collision avec un astéroïde. Mais maintenant une nouvelle théorie vient de naître pour expliquer ce qui aurait pu envoyer cet astéroïde sur sa trajectoire de collision avec la terre : La fin des dinosaures, serait-elle due à la matière noire ?

Mark Stevenson/Stocktrek Images/Corbis
Mass extinctions such as the one that wiped
out the dinosaurs seem to happen with regularity,
pointing to possible cosmic causes
Cette idée surprenante lie deux théories spéculatives. Elle est l'objet d'un article "Nature News", qui est libre et gratuit :


Did dark matter kill the dinosaurs?
Nature News doi:10.1038/nature.2014.14839 by Elizabeth Gibney
The Solar System's periodic passage through a 'dark disk' on the galactic plane could trigger comet bombardments that would cause mass extinctions.

Si vous préférez écouter, plus que lire en Anglais, je vous conseille la fin de ce Nature podcast.




mercredi 12 mars 2014

Les POM Bio à croquer - une série de vidéos

"Les adolescents sont plus résistants à certains effets d'alcool", dit Mickaël Naassila, prof de Physiologie, au début de la vidéo "Plaisir et Addictions" réalisée par INSERM. En conséquence, les adolescents sont plus vulnérables ...





Si le thème vous intéresse, allez voir aussi le dossier d'information de l'Inserm sur les addictions.

Cette vidéo fait partie d'une nouvelle série de 15 films courts de l'Inserm réalisé par Véronique Kleiner : Les POM Bio à croquer. Les sujets ? sommeil, alimentation, contraception ..

jeudi 27 février 2014

Scientifiques, qui êtes-vous ? Scientists, who are you?


Deux pepites trouvées un peu par hasard :

Scientists are people of very dissimilar temperaments doing different things in very different ways. Among scientists are collectors, classifiers and compulsive tidiers-up; many are detectives by temperament and many are explorers; some are artists and others artisans. There are poet-scientists and philosopher-scientists and even a few mystics.
PETER MEDAWAR, Pluto's Republic, Oxford University Press, New York, 1982, p. 116.



Of all the traits which qualify a scientist for citizenship in the republic of science, I would put a sense of responsibility as a scientist at the very top. A scientist can be brilliant, imaginative, clever with his hands, profound, broad, narrow—but he is not much as a scientist unless he is responsible.
ALVIN WEINBERG, "The Obligations of Citizenship in the Republic of Science," Minerva, 16:1-3, 1978

Et vous ? Qu'en pensez vous aujourd'hui ?

mardi 11 février 2014

Appel à projet franco-italien pour jeunes chercheurs : Galilée 2015, date limite 26 février 2014

Vous êtes jeune chercheur et vous rêvez travailler avec une équipe italienne ? Dans ce cas, le programme Galilée devrait vous intéresser. 

L'objectif de ce programme est de développer les échanges scientifiques et technologiques d'excellence entre les laboratoires de recherche en Fance et en Italie, en favorisant les nouvelles coopérations par des échanges impliquant une participation significative de jeunes chercheurs.



Quelles sont les thématiques éligibles pour 2015 ?


  • Santé, maladies liées au vieillissement (maladies neuro-dégénératives, cancer), alimentation saine et sécurisée, rapport alimentation-santé ;
  • Energie et développement durable (sécurité de l’approvisionnement, sureté des systèmes de production d’énergie, transport et mobilité…) 
  • Connaissance, mise en valeur et protection du patrimoine culturel (restauration, prévention des dégradations, développement d’instruments de mesure, applications de nouvelles technologies au patrimoine culturel…)



    Qui peut répondre à cet appel à projets ?

    L'appel à candidatures est ouvert aux laboratoires de recherche rattachés à des établissements d'enseignement supérieur et à des organismes de recherche.

    La participation active et la mobilité de jeunes chercheurs, en particulier doctorants ou post-doctorants est l’un des tout premiers critères de sélection.
Les candidatures doivent être déposées en ligne sur le site de Campus France.

  • Date limite de candidature : 26 février 2014 .



mardi 4 février 2014

Une liste et des exemples d'accroches journalistiques - partie 2


L'objectif de ce deuxième article sur l'accroche est de construire en commun une liste d’exemples de bonnes accroches, qui pourra vous servir comme source d'idées pour vos articles et présentations.


Voici une liste, que nous avons commencé vendredi durant le cours "Tell me your science!". 






Les 5Ws (Who? What? Where? When? Why?)
Une question
Une exclamation
Une description
Une citation

Une anecdote, une histoire
"Courant 2006, Hideo Hosono cherche un semi-conducteur transparent pour écrans plats. Au lieu de cela, lui et ses collègues de l'institut de technologie de Tokyo découvrent un pnicture ..." (Pour la science, Graham Collins)

Un reportage
Une expérience personnelle
Une demande, un challenge
Un jeu de mots
one hook many strings - hiking artist
Un jeu entre mots et images
Une phrase simple et audacieuse
"In the beginning was simplicity. It is difficult enough explaining how even a simple universe began. I take it as granted that it would be even harder to explain the sudden springing up, fully armed, of complex oder - life, or being capable of creating life...." (Richard Dawkins, The replicators, chapter 2 of The selfisch Gene, 1976)

Une "tournure surprenante"

J'invite tout le monde à trouver des exemples de bonnes accroches dans des articles de presse. Rajoutez-les en commentaire ! Si possible avec une référence. Je les ajouterai au fur et à mesure dans la liste de l'article.

En espérant que cet exercice vous aidera à trouver votre accroche !

L’accroche, l'attaque ou le "lead" - Ingrédient d'un bon article : partie 1


Un bon article est celui qui est lu. Et une bonne présentation orale éveille et garde l'attention du public, d'un bout à l'autre.

Au début, il faut éveiller la curiosité par une accroche, qu'on appelle aussi l'attaque. Ce sont les premières phrases en tête d’article ou au début d'une présentation orale. Elles sont destinées à «accrocher» l’attention du lecteur, de l'auditeur, du spectateur, bref votre public.

En Anglais, les journalistes l'appellent "lead" ou "lede", car ces phrases servent à ouvrir une porte sur un monde pour guider le public vers sa découverte. C'est plus qu'une invitation à poursuivre la lecture. C'est une promesse. Vous dites à votre public : "regardez, ça existe, c'est intéressant, et VOUS pouvez le découvrir!"

Mais comment faire concrètement ?

Je vous conseil de commencer par observer vous même. Quand vous lisez des articles de presse, écoutez la radio, regardez le télé, allez au cinéma ou lisez un roman, demandez-vous, ce qui vous a attiré tout au début ?

Les techniques d'accroche ne sont pas limitées au journalisme - on les utilise depuis longtemps dans la littérature.

Vous  avez tous lu des livres qui vous ont capturé. Pour cela les auteurs ont inventé dès la première page un danger, un mystère, un suspense afin de vous convaincre à tourner la page et à continuer à lire. Intéresser, capter et retenir l’attention de ses lecteurs est le credo de tout écrivain, car lire demande un effort.  Il ne suffit pas de ramasser les bons faits et d’en faire une synthèse pour être lu. Il faut savoir « mettre en scène ».

L’histoire de Bilbo le Hobbit, par l’écrivain anglais John Ronald Reuel Tolkien commence par une phrase toute simple :

Au fond d’un trou vivait un hobbit. Non pas un trou immonde, sale et humide, rempli de bouts de verre et de moisissures, ni encore un trou sec, dénudé, sablonneux, sans rien pour s’asseoir ni pour se nourrir : c’était un trou de hobbit, d’où un certain confort.

Dans la bible, l’ancien testament commence avec des mots simples arrangés dans une phrase courte : 

Au commencement, Dieu créa les cieux et la terre.

Doit-on toujours commencer avec une phrase courte ?

Le premier paragraphe de "A Tale of Two Cities" par Charles Dickens (1859), n’est qu'une seule longue phrase - et je la trouve bien accrocheur !

It was the best of times, it was the worst of times, it was the age of wisdom, it was the age of foolishness, it was the epoch of belief, it was the epoch of incredulity, it was the season of Light, it was the season of Darkness, it was the spring of hope, it was the winter of despair, we had everything before us, we had nothing before us, we were all going direct to Heaven, we were all going direct the other way—in short, the period was so far like the present period, that some of its noisiest authorities insisted on its being received, for good or for evil, in the superlative degree of comparison only.


Le prochain article sera sur les accroches les plus utilisées par les journalistes.

Rappelez vous d’un début d’une oeuvre littéraire qui vous a marqué ?
Mettez en commentaire vos débuts de roman préféré !